La pause déjeuner c’est le moment de faire le point. Le point sur là où on en est dans son organisation : ce qui est fait, ce qui reste à faire, bref se remettre un peu les idées en place avant de repartir. Mais la pause déjeuner c’est aussi l’occasion de faire connaissance avec mes amies de galère. Parce que finalement, le matin, on n’a pas arrêté de se croiser dans le labo, mais en fait je ne connais même pas le nom des unes et des autres, c’est le moment de décompresser. Après le classique « c’est quoi ton prénom ? » les discussions tournent forcément autour de nos préparations du jour, ça cause pâte à bombe et meringue italienne sur le banc dans la cour du lycée !

Bref un moment de détente qui passe très vite et enlève un peu de stress avant de repartir au labo, pour une seconde partie qui va être bien différente de la première.

La seconde partie de l’épreuve, c’est comme si on avait changé de planète, on se trouve maintenant dans un monde où les minutes sont plus courtes, les heures ne doivent plus faire 60mn mais 40….on a changé d’espace-temps ! tout s’accélère, et là honnêtement il faut un peu se fâcher avec soi-même et mettre le turbo car ça passe très, très, vite. Avec en prime un des examinateurs qui prend plaisir à vouloir nous stresser "il vous reste 1h ! pas plus !".

Les croissants sont à l’étuve depuis un moment, gaffe de ne pas les oublier ceux-là, ils m’ont donné assez de soucis au moment du tourage. Les éclairs sont cuits, mais il faut encore faire la crème, faire les trous, garnir et surtout les glacer avec le fondant fourni par le labo. Un produit différent de celui que j’ai utilisé jusque-là, une sorte de fondant couleur choco-praliné-marron-beurk-pas beau, hyper dur, une vrai saloperie ! je te colle ça avec du sirop à chauffer, plus le temps de le détendre proprement comme appris en cours, là je te fais ça comme un barbare, trop chaud, mais tant pis, il faut glacer les 16 éclairs, et j’ai peu de temps. Je décide donc de le faire à la spatule et non en les trempant dans la casserole, ça va plus vite et ça fait plus pro (et oui, vous n’avez pas oublié ce que je vous expliquais dans la première partie : vous êtes sous surveillance constante, on observe et on note votre façon de travailler !).

Le jury nous prépare des plateaux pour la présentation. Il faut avoir tout posé dans une salle au bout du couloir pour 15h pétante, ensuite ils ferment la porte et là ce qui n’est pas installé n’est pas noté, donc pas le moment de faire des bêtises, on n’oublie rien dans le labo, on fait attention dans le couloir de ne pas tout faire tomber par terre, gaffe de ne pas glisser en courant en revenant au labo chercher la suite.

Le jour où je suis passé, il y avait aussi dans le labo voisin ceux qui passaient le CAP de boulangerie. La salle de présentation se trouve ainsi remplie de plein de belles choses au fur et à mesure que l’on apporte nos réalisations. Je me dis que je vais chercher mon dernier plateau, l’entremet, et en revenant je prendrai une photo vite fait avec mon portable…oui je sais c’est interdit….je reviens et là, pas de bol, je ne suis plus seul dans la salle de présentation, il y a un examinateur, c’est mort pour mon projet de photo prise en douce…du coup je n’ai rien à vous montrer, mais je vous assure que c’était joli cette salle avec tous les pains, les viennoiseries, les pâtisseries.

Ça y est, il est 15h, après un ultime sprint nous avons (presque) tous sorti nos préparations. Nous avons droit à 1 minute de repos avant de réaliser que le labo ressemble plus à un champ de bataille qu’à un labo de pâtisserie, il va falloir tout ranger, nettoyer de fond en comble, au final il nous faudra 1h30 de nettoyage pour rendre un labo tout propre.

Direction les vestiaires pour se changer, on se retrouve ensuite dehors pour un moment de calme après une tempête de 7h. Un doliprane, une pomme, une bouteille d’eau, et on se refait le film de la journée.

Nous étions quatre candidats libres ce mardi 3 juin, quatre à avoir partager une journée très particulière que nous avions préparée depuis longtemps, quatre à avoir vécu ensemble un moment aussi spécial que stressant, quatre qui allaient bien dormir ce soir-là !

Une grosse bise à chacune d’elles (elles se reconnaitront si elles lisent ces lignes), et merci à toutes les trois pour votre bonne humeur pendant cette journée unique.

Après celà, il me restait une semaine de révision pour les deux épreuves écrites de PSE (Prévention Santé Environnement) et Approvisionnement et Gestion des stocks. Ces deux épreuves écrites (coef 1 et 3) ne sont pas très compliquées, et avec une bonne révision des livres de technologie ça passe sans problème majeur. Au programme des révisions : la technologie de la pâtisserie, les matières premières, les règles d’hygiène, les groupes alimentaires, la gestion équilibrée des apports nutritionnels, les risques micro biologiques, les moyens de contrôle et la maîtrise des risques.

En sortant du lycée ce jeudi 12 juin après la seconde épreuve écrite l’impression était étrange, un mélange de soulagement de se dire que c’est fait, mais un peu un sentiment de vide aussi (j’avais déjà ressenti cela après mes deux Ironman, cette impression de vide après avoir réalisé un objectif pour lequel on se prépare depuis des mois).

Les épreuves EP1 et EP2 sont passées, le moment de remercier à nouveau le chef Stéphane Dozier pour ses cours et ses conseils durant cette année. Et si vous aussi souhaitez tenter l'aventure, n'hésitez pas à rejoindre stéphane via les CMA (Cours Municipaux pour Adultes) organisés par la Mairie de Paris (inscriptions via internet à partir du 25 août 2014 pour la prochaine rentrée scolaire), ou en le contactant directement via l'Atelier de Stéphane.

Voilà, le CAP Pâtissier c'est fait. Reste à attendre les résultats le 7 juillet…

Mais si le CAP est passé, la pâtisserie ne s'arrête pas pour autant, j'ai une petite Diane qui dès hier soir m'a passé une commande :"papa c'est la fête de l'école demain soir, faut qu'on fasse un gâteau, tu peux m'aider si tu veux..." ça ne se refuse pas ça !